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HypnoNaissance

Les étapes de l'accouchement : le déroulé complet, phase par phase

Latence, phase active, transition, poussée, délivrance : ce qui se passe à chaque étape, combien de temps ça dure et ce qui aide. Le guide complet.

Charlotte Pons, éducatrice HypnoNaissance, dans son jardin à Prades-le-Lez
Charlotte Pons, éducatrice HypnoNaissance

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Charlotte Pons 24 min de lecture
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On vous a montré le schéma, en cours de préparation ou dans un livre : un col qui s’ouvre de 0 à 10 centimètres, une flèche, un bébé. Et pourtant, quand on demande aux femmes ce qui les a le plus surprises le jour J, la réponse revient presque toujours : « je ne savais pas que ça se passait comme ça ». Pas le fait que ça ouvre. Le fait qu’il y ait des moments si différents les uns des autres, des heures où il ne se passe presque rien, une phase où tout s’accélère, un instant où l’on est persuadée de ne pas y arriver, puis un soulagement inattendu.

L’accouchement n’est pas une ligne droite. C’est une succession d’étapes qui ont chacune leur rythme, leurs sensations, leur logique, et surtout leur façon d’être traversées. Connaître ces étapes à l’avance ne rend pas l’accouchement prévisible, mais cela change tout au moment de les vivre : on ne panique pas de ce qu’on a déjà nommé. Ce guide reprend le déroulé complet, du premier ventre dur jusqu’aux deux heures qui suivent la naissance.

En résumé : un accouchement se compose de trois stades cliniques (dilatation, naissance, délivrance) que l’on vit comme cinq moments distincts : la latence, la phase active, la transition, la poussée et la délivrance. Chacune a une durée typique, des sensations propres et des gestes qui aident. La plupart des difficultés du jour J viennent de phases qu’on n’avait pas anticipées, pas de la douleur en elle-même.

Combien d’étapes compte un accouchement ?

Cela dépend de qui compte. La médecine découpe l’accouchement en trois stades, définis par ce que fait le corps :

  1. Le premier stade, ou travail : le col s’efface puis s’ouvre, de 0 à 10 centimètres, sous l’effet des contractions.
  2. Le deuxième stade, ou naissance : le col est complètement ouvert, le bébé descend dans le bassin et naît.
  3. Le troisième stade, ou délivrance : le placenta se décolle et sort à son tour.

Ce découpage est juste, mais il ne dit rien de ce que l’on ressent. Le premier stade, en particulier, n’a rien d’homogène : ses premières heures ressemblent à des douleurs de règles espacées, ses dernières minutes sont les plus intenses de tout l’accouchement. C’est pourquoi les sages-femmes et les éducatrices en préparation à la naissance le subdivisent, et parlent plutôt de cinq moments :

Moment vécuStade cliniqueCe qui se passe
La latence1er stade, débutLe col s’efface et s’ouvre jusqu’à 5 ou 6 cm, lentement
La phase active1er stade, milieuLe col s’ouvre de 6 à 8 cm, les contractions s’organisent
La transition1er stade, finLes derniers centimètres, l’intensité maximale
La poussée2e stadeLe bébé descend et naît
La délivrance3e stadeLe placenta sort, les premières heures avec le bébé

Certaines équipes ajoutent un « quatrième stade » : les deux heures de surveillance en salle de naissance qui suivent la délivrance. On y reviendra, parce qu’elles font partie de l’accouchement et qu’on les oublie souvent dans les récits.

Ce guide suit les cinq moments vécus. Pour chacun, vous trouverez ce qui se passe dans le corps, combien de temps cela dure en général, ce qu’on ressent, et ce qui aide concrètement.

Charlotte Pons, éducatrice HypnoNaissance

Et si on se parlait ?

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« Cheminer vers la réparation après une césarienne d'urgence. Deuxième accouchement par voie basse, sans péridurale. » — David

La phase de latence : le travail commence sans en avoir l’air

C’est l’étape la plus mal connue, et celle qui génère le plus de fausses alertes, de trajets pour rien et d’épuisement inutile.

Ce qui se passe. Le col, long et fermé pendant toute la grossesse, commence par se ramollir et se raccourcir : c’est l’effacement. Puis il s’ouvre, très lentement, jusqu’à 5 ou 6 centimètres. Les contractions qui font ce travail sont d’abord irrégulières, espacées de dix à vingt minutes, courtes, et d’une intensité modérée. La perte du bouchon muqueux, la rupture de la poche des eaux ou quelques contractions plus franches peuvent annoncer cette phase, mais aucun de ces signes ne dit à quelle vitesse la suite arrivera. Notre article sur les signes du début du travail les détaille un à un.

Combien de temps. C’est la phase la plus variable de toutes. Quelques heures pour certaines, une nuit entière, parfois un jour ou deux avec des contractions qui s’installent, s’espacent, reprennent. Pour un premier bébé, une latence de plus de vingt heures n’est pas considérée comme anormale. Cette durée surprend parce qu’on l’imagine rarement, mais elle a une logique : le corps prépare le terrain, et cette lenteur initiale permet d’entrer dans le travail progressivement plutôt que d’un coup.

Ce qu’on ressent. Des sensations comparables à des douleurs de règles, une tension dans le bas du dos, un ventre qui durcit puis se relâche. On peut encore parler pendant une contraction, marcher, prendre une douche. Beaucoup de femmes hésitent à ce stade entre « c’est le début » et « ce n’est rien », et cette hésitation est en soi un indice : quand la phase active arrive, la question ne se pose plus.

Ce qui aide. Rester chez soi le plus longtemps possible, sauf consigne contraire de la maternité ou situation particulière. Dormir si c’est la nuit, même par tranches de vingt minutes entre deux contractions. Manger léger, boire, prendre un bain ou une douche, rester dans la pénombre. Éviter de chronométrer en continu : vingt minutes de chronomètre, puis une heure sans téléphone. Ce que vous cherchez pendant la latence, c’est de préserver vos réserves et de laisser l’ocytocine faire son travail, ce qu’elle fait bien mieux dans le calme que dans la vigilance.

Quand ça dure longtemps. Une latence qui s’éternise fatigue, et la fatigue fait douter. Si vous en êtes là, retenez deux choses. D’abord, une latence longue n’annonce pas un accouchement difficile : elle est indépendante de ce qui suit. Ensuite, la priorité absolue devient le sommeil et l’alimentation, parce que c’est avec ces réserves-là que vous traverserez la phase active. Si le travail s’arrête complètement pendant plusieurs heures, ce n’est pas un échec non plus : il reprendra, souvent la nuit suivante.

Contactez votre maternité sans attendre en cas de perte de liquide, de saignement, de fièvre, de diminution des mouvements du bébé, ou de contractions régulières avant 37 semaines d’aménorrhée, quel que soit le stade où vous pensez être.

La phase active : le travail s’installe pour de bon

Ce qui se passe. À partir de 5 ou 6 centimètres, la dilatation accélère nettement. C’est le seuil que les recommandations françaises retiennent aujourd’hui pour parler de phase active, et il correspond à un vrai changement de régime : les contractions deviennent régulières, toutes les trois à cinq minutes, durent 45 à 70 secondes et gagnent en intensité. Le bébé, dans le même temps, s’engage dans le bassin et tourne pour s’y ajuster. Notre guide sur les contractions décrit leur anatomie seconde par seconde, et celui sur la dilatation du col explique pourquoi la vitesse d’ouverture est si variable.

Combien de temps. Pour un premier bébé, la phase active dure le plus souvent entre six et douze heures. Pour un deuxième ou un troisième, elle est généralement deux fois plus courte. La vitesse d’ouverture n’est pas linéaire : on attend au moins un centimètre toutes les quatre heures entre 5 et 7 cm, puis au moins un centimètre toutes les deux heures au-delà. Ces chiffres sont des seuils de surveillance, pas des objectifs : un col qui s’ouvre plus lentement n’est pas un col qui « ne fonctionne pas ».

Ce qu’on ressent. On ne parle plus pendant une contraction. L’attention se tourne vers l’intérieur, on cherche spontanément une position, on ferme les yeux. Beaucoup de femmes décrivent un état modifié, une sorte de bulle où le temps se déforme : c’est l’effet des endorphines et de l’ocytocine, et c’est exactement l’état que l’hypnose cherche à installer et à protéger. Entre deux contractions, une vraie pause existe, d’une à trois minutes, où le corps se relâche.

Ce qui aide. Trois leviers, à répéter à chaque vague :

  • La respiration. Une expiration plus longue que l’inspiration, à chaque contraction, dès la montée. C’est le levier physiologique le plus direct pour éviter la crispation. Les trois respirations que j’enseigne sont dans notre guide de la respiration.
  • Le mouvement. Se balancer, tourner le bassin sur un ballon, marcher, s’appuyer sur le partenaire, prendre le bain si la maternité en dispose. La verticalité et la mobilité aident le bébé à descendre et rendent les contractions plus efficaces. Les positions qui facilitent le travail ont leur propre article.
  • L’environnement. Lumière basse, peu de paroles, peu d’allées et venues. Chaque interruption, chaque question administrative fait monter l’adrénaline, qui freine l’ocytocine. Le rôle du partenaire consiste en grande partie à protéger cette bulle.

C’est aussi pendant cette phase que la question de la péridurale se pose concrètement, si elle fait partie de votre projet ou si elle s’impose en cours de route. Aucune des étapes décrites ici ne présuppose l’un ou l’autre choix : les phases restent les mêmes, avec ou sans.

La transition : la phase la plus intense, et la plus courte

Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose de cet article, ce serait celle-ci.

Ce qui se passe. Entre 8 et 10 centimètres, le col termine de s’ouvrir tandis que le bébé descend plus bas. Les contractions atteignent leur intensité maximale, deviennent très rapprochées, parfois doubles, avec des pauses qui raccourcissent à moins d’une minute. Le corps produit en même temps une décharge d’adrénaline, cette fois utile : c’est elle qui, dans quelques minutes, donnera l’énergie de la poussée.

Combien de temps. C’est le point essentiel : la transition est habituellement la phase la plus brève du travail. Quelques contractions pour certaines, vingt à quarante minutes pour d’autres, rarement plus d’une heure. Elle paraît interminable de l’intérieur parce que son intensité est sans commune mesure avec ce qui précède, mais elle est courte.

Ce qu’on ressent. Des tremblements, parfois des nausées, une sensation de chaud et froid. Et surtout un moment de découragement si caractéristique que les sages-femmes le reconnaissent de loin : « je n’y arrive plus », « je veux rentrer chez moi », « je veux la péridurale maintenant », « arrêtez tout ». Certaines femmes qui étaient calmes deviennent brusquement irritables, ne supportent plus d’être touchées, ne veulent plus entendre personne.

Ce moment est celui que l’on appelle parfois, en France, la « phase de désespérance ». Le nom est parlant, mais il trompe sur sa signification. Ce découragement n’est pas le signe que ça ne marche pas. C’est un signe clinique qui indique généralement que la fin est proche, souvent à moins d’une heure de la naissance. L’entourage a un rôle décisif ici : rappeler, avec très peu de mots, que c’est la transition, que c’est court, que c’est bientôt fini.

Ce qui aide. Peu de choses, et elles doivent avoir été préparées avant, parce qu’à ce stade on ne raisonne plus. Un ancrage simple, une phrase répétée par le partenaire, un contact ferme sur les épaules ou les hanches, une expiration sonore et grave, les yeux fermés. Et une consigne intérieure : une contraction à la fois, celle-ci, pas les suivantes.

Charlotte Pons, éducatrice HypnoNaissance

Mettre des mots sur chaque phase, avant le jour J

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La poussée et la naissance

Ce qui se passe. Le col est complètement ouvert : le deuxième stade commence. Il se compose lui-même de deux temps qu’on confond souvent. D’abord la descente, pendant laquelle le bébé progresse dans le bassin et tourne pour présenter le sommet de sa tête. Puis l’expulsion proprement dite, quand la tête atteint le périnée et que le bébé naît. Les contractions changent de fonction : elles ne servent plus à ouvrir mais à faire descendre.

Combien de temps. Pour un premier bébé, le deuxième stade dure fréquemment une à trois heures au total, dont trente minutes à une heure d’efforts de poussée. Pour les suivants, souvent moins de trente minutes. La péridurale allonge en moyenne cette phase, ce qui n’est ni un problème ni une raison de s’en priver : l’équipe adapte simplement sa surveillance.

Ce qu’on ressent. Beaucoup de femmes décrivent, après la transition, un soulagement. Les contractions s’espacent à nouveau, la nature de la sensation change : ce n’est plus une douleur à traverser mais une pression, un besoin impérieux de pousser, comparable à une envie irrépressible d’aller à la selle. Ce réflexe expulsif arrive de lui-même quand le bébé est assez bas ; il peut manquer ou être atténué sous péridurale, et l’équipe guide alors la poussée. Au moment où la tête franchit le périnée, une sensation de brûlure intense et brève est fréquente, ce qu’on appelle parfois le « cercle de feu ». Elle dure le temps de quelques contractions.

Ce qui aide. Attendre le réflexe plutôt que de forcer dès la dilatation complète, quand la situation le permet : c’est ce que les recommandations françaises appellent la poussée « différée », et elle épargne de l’énergie. Pousser sur l’expiration, en laissant sortir le souffle, plutôt qu’en apnée bloquée : c’est ce que l’HypnoNaissance nomme « respirer le bébé vers le bas », et c’est plus doux pour le périnée. Choisir sa position, dans la mesure du possible : accroupie, à quatre pattes, sur le côté, la verticalité et l’ouverture du bassin comptent ici plus qu’à tout autre moment. Relâcher la mâchoire au moment de la brûlure : une bouche molle s’accompagne d’un périnée souple, ce qui se vérifie immédiatement.

La délivrance : la dernière étape dont on ne parle pas

Le bébé est là, et dans la plupart des récits, l’histoire s’arrête. Il reste pourtant une étape entière.

Ce qui se passe. Dans les minutes qui suivent la naissance, l’utérus continue de se contracter, plus doucement. Le placenta se décolle de la paroi utérine puis descend et sort, avec les membranes. En France, la plupart des maternités pratiquent la délivrance dirigée : une injection d’ocytocine au moment de la naissance, qui réduit le risque d’hémorragie et raccourcit cette phase. La sage-femme vérifie ensuite que le placenta est complet.

Combien de temps. Le plus souvent, moins de trente minutes. Au-delà, l’équipe intervient pour aider le placenta à sortir.

Ce qu’on ressent. Quelques contractions, nettement moins intenses que celles du travail, une pression, puis un soulagement. La plupart des femmes ne s’en souviennent que vaguement, parce que leur attention est entièrement prise par le bébé posé sur leur peau. Le peau à peau immédiat, quand l’état du bébé et de la mère le permet, n’est pas seulement un moment de rencontre : il stimule l’ocytocine, qui aide précisément l’utérus à expulser le placenta et à se rétracter.

Les deux heures qui suivent. Vous restez ensuite au moins deux heures en salle de naissance, sous surveillance : saignements, tension, fermeté de l’utérus, adaptation du bébé, première tétée si vous allaitez. Des tremblements sont fréquents et sans gravité. C’est le « quatrième stade » dont parlent certaines équipes, et c’est un temps précieux : la plupart des couples le décrivent, après coup, comme l’un des plus intenses de leur vie.

Combien de temps dure un accouchement, au total ?

C’est la question la plus posée, et la moins facile à chiffrer honnêtement, parce que la réponse dépend du point de départ que l’on choisit. Depuis les premières contractions de latence, un premier accouchement peut s’étaler sur une journée entière, voire davantage, dont la majeure partie se passe chez soi. Depuis l’entrée en phase active, on parle plutôt de huit à quinze heures. Voici les ordres de grandeur les plus courants :

PhasePremier bébéBébé suivant
LatenceTrès variable, de quelques heures à plus de 20 hSouvent plus courte
Phase active (6 à 8 cm)6 à 12 h3 à 6 h
Transition (8 à 10 cm)20 min à 1 hQuelques contractions à 30 min
Descente et poussée1 à 3 hMoins de 30 min
DélivranceMoins de 30 minMoins de 30 min

Quelques repères pour les situations qui reviennent le plus souvent dans vos questions :

  • Après la perte des eaux. Chez la plupart des femmes à terme, le travail démarre de lui-même dans les 24 heures qui suivent la rupture. Si ce n’est pas le cas, la maternité met en place une surveillance et propose généralement un déclenchement dans les 24 à 48 heures, le délai variant selon les établissements et la situation. Notre article sur la perte des eaux détaille comment la reconnaître et quoi faire.
  • Après la perte du bouchon muqueux. Aucun délai fiable : il peut précéder le travail de quelques heures comme de plusieurs semaines. Ce n’est pas un signe de début de travail à lui seul.
  • Après un déclenchement. C’est souvent plus long qu’on ne l’imagine, parce qu’il faut d’abord faire mûrir le col avant que les contractions ne soient efficaces. Un déclenchement peut prendre de quelques heures à plus de 24 heures. Notre article sur le déclenchement détaille chaque méthode.
  • À dilatation complète. Comptez une à trois heures pour un premier bébé, souvent bien moins pour les suivants.

Et à l’autre extrême, il existe des accouchements très rapides, en moins de deux ou trois heures depuis les premières contractions. Ils concernent surtout les femmes qui ont déjà accouché, et tout ce qui change d’un premier à un deuxième accouchement fait l’objet d’un article dédié. Ils ne sont pas plus faciles pour autant : les phases s’enchaînent sans laisser le temps de s’y adapter, et la transition arrive brutalement. Si votre premier accouchement a été rapide, dites-le à votre maternité pendant la grossesse : la consigne de départ sera adaptée.

Quand les étapes ne suivent pas le script

Le déroulé décrit ici est celui d’un accouchement qui démarre spontanément et suit son cours. C’est le cas le plus fréquent, mais ce n’est pas le seul, et connaître les variantes évite de les vivre comme des ruptures.

Le travail qui stagne. Il arrive que la dilatation s’arrête pendant plusieurs heures en phase active. Les causes sont variées : une position du bébé qui demande un ajustement, une fatigue, un stress, une adrénaline trop haute. Avant toute intervention, changer de position, marcher, retrouver le calme et la pénombre relancent souvent les choses. Si cela ne suffit pas, l’équipe peut proposer de rompre la poche des eaux ou d’administrer de l’ocytocine de synthèse.

Le déclenchement. Quand le travail est provoqué, la latence est remplacée par une phase de maturation du col, parfois longue, souvent en plusieurs étapes. La phase active, une fois installée, ressemble ensuite à celle d’un travail spontané. Tout ce qui aide pendant un travail spontané reste valable, et la préparation compte d’autant plus que le démarrage est moins progressif.

La césarienne. Qu’elle soit programmée ou décidée en cours de travail, elle remplace le deuxième et le troisième stade par une intervention chirurgicale. Ce n’est pas la fin de votre préparation : la respiration, le relâchement, la présence du partenaire et le peau à peau, désormais possible au bloc dans de nombreuses maternités, restent des leviers. Notre guide pour préparer une césarienne sereinement aborde chaque moment.

Le travail qui s’arrête à l’arrivée à la maternité. C’est fréquent, et cela n’a rien d’anormal. Le trajet, l’accueil, l’environnement inconnu font monter l’adrénaline, qui met le travail en pause pendant une à deux heures. Retrouver le calme suffit le plus souvent à le relancer.

Dans tous ces cas, les phases restent les mêmes ; c’est leur enchaînement qui change. Une préparation qui vous a appris à reconnaître chaque étape vous sert aussi quand elles arrivent dans le désordre.

Ce que l’HypnoNaissance change à chaque étape

Le programme HypnoNaissance ne promet ni un accouchement rapide ni un accouchement sans douleur. Il travaille précisément ce qui, dans le déroulé ci-dessus, dépend de vous.

Pendant la latence, c’est la capacité à rester détendue et à dormir malgré les premières contractions, plutôt que de s’épuiser en vigilance. Pendant la phase active, c’est l’entrée dans cet état modifié où le temps se déforme et où chaque contraction se traverse en respirant, sans que le corps ajoute de la tension à la tension. Pendant la transition, c’est un ancrage préparé à l’avance, une phrase, un geste du partenaire, qui tiennent quand la pensée ne tient plus. Pendant la poussée, c’est une respiration vers le bas qui remplace la poussée forcée. Et pendant la délivrance, c’est la faculté de rester dans le moment, en peau à peau, dans une pièce calme.

Le cycle peur-tension-douleur décrit par Grantly Dick-Read, dont Marie Mongan a fait le socle de sa méthode, s’applique à chacune de ces phases : un corps qui connaît l’étape en cours ne se crispe pas contre elle. C’est ce que nous préparons en cinq à six séances, en visio, en couple. Pour comprendre comment se déroule concrètement un accouchement accompagné de cette façon, notre article sur l’accouchement physiologique avec l’HypnoNaissance prend la suite de celui-ci.

Questions fréquentes

Quelles sont les trois étapes de l'accouchement ? Le découpage clinique distingue trois stades : le travail, pendant lequel le col s'efface et s'ouvre jusqu'à 10 centimètres ; la naissance, pendant laquelle le bébé descend dans le bassin et naît ; et la délivrance, pendant laquelle le placenta se décolle et sort. Le premier stade est de loin le plus long, et on le subdivise en latence, phase active et transition pour rendre compte de ce que l'on ressent.
Combien de temps dure la phase de latence ? C'est la phase la plus variable : de quelques heures à plus d'une journée, avec des contractions qui peuvent s'installer, s'espacer et reprendre. Pour un premier bébé, une latence de plus de vingt heures n'est pas considérée comme anormale. Elle se passe mieux chez soi, à dormir, manger léger et rester au calme, sauf consigne contraire de votre maternité.
Qu'est-ce que la phase de transition, ou de désespérance ? C'est la fin de la dilatation, entre 8 et 10 centimètres. Les contractions sont à leur intensité maximale et très rapprochées, et un découragement brusque est fréquent : « je n'y arrive plus », « je veux rentrer chez moi ». Ce moment est habituellement le plus court du travail, souvent moins d'une heure, et ce découragement signale généralement que la naissance est proche.
Combien de temps dure un accouchement pour un premier bébé ? Depuis l'entrée en phase active, comptez le plus souvent huit à quinze heures au total : six à douze heures de phase active, jusqu'à une heure de transition, une à trois heures de descente et de poussée, puis moins de trente minutes de délivrance. La latence qui précède, très variable, peut ajouter une nuit entière, généralement passée à la maison.
Combien de temps après la perte des eaux accouche-t-on ? Chez la plupart des femmes à terme, le travail démarre spontanément dans les 24 heures qui suivent la rupture de la poche des eaux. Si ce n'est pas le cas, la maternité met en place une surveillance et propose généralement un déclenchement dans les 24 à 48 heures, selon l'établissement et la situation. Contactez toujours votre maternité dès la perte de liquide.
Un deuxième accouchement est-il plus rapide ? Le plus souvent, oui. La phase active est fréquemment deux fois plus courte, la transition se résume parfois à quelques contractions et la poussée dure souvent moins de trente minutes. C'est pourquoi la consigne de départ pour la maternité est généralement avancée pour un deuxième bébé. Un accouchement rapide n'est pas forcément plus facile, car les phases s'enchaînent sans laisser le temps de s'y adapter.
Que se passe-t-il après la naissance du bébé ? L'accouchement n'est pas terminé : il reste la délivrance, c'est-à-dire la sortie du placenta, le plus souvent dans les trente minutes, puis au moins deux heures de surveillance en salle de naissance. Le peau à peau immédiat, quand il est possible, favorise l'ocytocine, qui aide l'utérus à expulser le placenta et à se rétracter.

Les retours de mes client·es

De vrais avis, sans filtre.

5.0/5 · 22 avis Google

Extraits de ma fiche Google 9 mois de douceur, mon site où je propose aussi du yoga postnatal et un accompagnement fertilité.

  • D

    David

    avril 2026

    Cheminer vers la réparation après une césarienne d'urgence. Deuxième accouchement par voie basse, sans péridurale.

  • N

    Nathalie

    août 2025

    Charlotte m'a accompagnée pour accepter et vivre au mieux ma césarienne — un moment merveilleux.

  • C

    Chloé & Maxime

    mai 2025

    Une séance à terme, la veille de la naissance : mon compagnon et moi avons vécu un moment suspendu et puissant.

Charlotte Pons, éducatrice HypnoNaissance

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